Toihir Ali Mari (pêcheur)


Toihir Ali Mari, ambassadeur du lagon

Pêcheur depuis de nombreuses années, l’homme originaire du village de Mangajou, dans la commune de Sada, a été catapulté « ambassadeur du lagon » pour l’UICN, Union internationale pour la conservation de la nature.

C’est lors du congrès mondial de la nature, organisé cette année à Marseille, que Toihir Ali Mari a pu s’exercer pour l’une de ses premières interventions. Formé depuis quelques mois seulement à son nouveau rôle, le pêcheur se sent « concerné par tout ce qu’il se passe au niveau du lagon ». « Dans mon village, nous subissons l’érosion liée notamment à la disparition de la mangrove, regrette-t-il. À mon échelle, j’ai pu malheureusement voir ce changement. » Il faut dire qu’il n’y a pas mieux placé que le Sadois pour juger les pratiques nocives pour l’environnement, et notamment dans le secteur de la pêche. Cette dernière, pas toujours respectueuse des espèces du lagon, provoque un appauvrissement des ressources halieutiques de l’île, comme il en témoigne.

« Avant, les gens pêchaient pour se nourrir et non pas pour devenir riches », déplore Toihir Ali Mari, « Les méthodes de pêche de nos grands-parents n’avaient pas l’impact négatif sur le lagon qu’ont celles qui ont été importées. » Cette conscience écologique et cet engagement ont permis à Ali Mari de devenir ambassadeur du lagon auprès de l’Union internationale pour la conservation de la nature. Désormais, il joue un rôle de médiateur au sein de sa commune, afin de faire de la prévention et de la sensibilisation auprès de la population. Grâce à sa nouvelle casquette, il espère participer à la préservation des ressources naturelles de Mangajou, et plus largement de l’ensemble du 101ème département français.